INFORMATIONS SUR L’EMDR

L’EMDR, qu’est-ce que c’est ?

La fiabilité de l’EMDR – Une méthode validée scientifiquement 

EMDR est l’acronyme de Eye Movement Desensitization and Reprocessing (désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires).

Cette approche thérapeutique a été développée en 1987 par Francine Shapiro, docteur en Psychologie au “Mental Research Institute” de Palo Alto aux Etats- Unis. La thérapie EMDR a fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques (on recense 24 études sur son efficacité) et est reconnue/ conseillée par de nombreuses organisations internationales, dont l’Organisation Mondiale de la Santé, depuis 2013.

A ce moment d’écriture, plus de 24 études réalisées et contrôlées montrent l’efficacité de l’EMDR.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît l'EMDR depuis 2013 comme un traitement 'evidence based' à part entière pour le trauma.

La Force d’EMDR – au-delà ce qu’on imagine

La Force de l’EMDR – au-delà de ce qu’on imagine…

L’EMDR est connu auprès du grand public comme ‘la thérapie avec les mouvements des yeux’. Mais l’aspect ‘mouvements des yeux’ est seulement une petite partie d’un processus par étapes beaucoup plus vaste. Ce processus par étapes, vous pouvez le regarder en détail dans l’exemple d’une séance d’EMDR.

L’EMDR est, en d’autres mots, une méthode très forte qui va beaucoup plus loin qu’une simple offre de compréhension. Autant les émotions que les sensations corporelles sont activement impliquées dans la thérapie ce qui permet une guérison plus profonde. Les patients ne savent pas seulement qu’ils vont mieux, ils le RESSENTENT aussi.

Ça fait déjà longtemps que je sais que je produis du bon travail, mais maintenant j’y crois aussi vraiment. C’est comme si je le SENTAIS dans tout mon corps. J’en suis enfin réellement convaincu. Luc, 42 ans Nivelles

Comparé à d’autres méthodes thérapeutiques, le traitement par l’EMDR est différent par la vitesse avec laquelle des plaintes peuvent être traitées. De plus, les effets d’un traitement sont permanents.

Je n'arrive toujours pas à y croire. Des années de thérapie par la parole afin de traiter mes expériences de harcèlement au travail qui disparaissent après cinq séances d’EMDR. Je recevais des compliments de ma femme et de mes enfants et j’osais à nouveau sortir pour aller boire un verre avec mes copains. Après dix séances le changement était complet. J’ai osé chercher un nouveau travail, et n’ai plus eu de cauchemars ni d'attaques de panique. Je n'ai jamais pensé que c'était possible. Eric, 37 ans, Londerzeel.

EMDR Belgium – une garantie pour la qualité

On ne devient pas n’importe comment thérapeute en EMDR ou practitioner. Tous les candidats doivent répondre à des critères de base rigoureux afin de pouvoir appliquer l’EMDR d’une façon sécure dans leur pratique.

Ils suivent un cycle de formation, traitent un certain nombre de clients sous supervision et présentent une défense finale. Toutes ces étapes conduisent à un certificat de reconnaissance : ‘EMDR Europe Practitioner’.

L’asbl EMDR-Belgium est l’association officielle en Belgique qui se porte garante pour le suivi de la qualité des formations et est aussi reconnue par EMDR-Europe. Notre association rassemble tous les thérapeutes reconnus sur son site. Vous pouvez consulter ici la liste de tous les thérapeutes. Vous pouvez y trouver aussi des informations complémentaires sur la qualité exigée.

Vous êtes thérapeute et intéressé par une formation? Passez à la page suivante!

Comment fonctionne l'EMDR ?

L’EMDR consiste en une méthode spécifique qui trouve sa place dans un modèle théorique plus large, nommé Traitement Adaptatif de l’Information (TAI).

Ce terme renvoie à la capacité innée du cerveau de traiter des expériences de vie et d’arriver à une solution adaptative de la même manière que le corps peut guérir des blessures physiques. Le modèle TAI explique que notre cerveau peut être dépassé par un choc traumatique et ne plus arriver à traiter (ou digérer) les informations comme il le fait habituellement. La thérapie EMDR permet de débloquer les mécanismes naturels de traitement de l’information, et ainsi le traumatisme peut être retraité de manière rapide et efficace.

Ce sont les souvenirs stockés de manière dysfonctionnelle qui sont à la base de la pathologie. Les aspects sensoriels, physiques, émotionnels, cognitifs de l’expérience traumatique sont organisés en réseaux mnésiques dysfonctionnels. Le traitement EMDR donne accès à ces réseaux dysfonctionnels et permet de retravailler ces informations pour qu’elles puissent être évoquées de manière consciente sans plus susciter de débordement émotionnel.

Quels avantages l'EMDR offre-t-il en comparaison avec d'autres méthodes thérapeutiques ?

L’avantage de l’EMDR se situe dans l’efficacité et la rapidité du traitement. Mais également dans ses résultats qui perdurent à long terme, et dans la prise en compte tant des pensées que des émotions.

Des traumas plus complexes (par exemple un abus physique ou sexuel pendant une longue période) et une angoisse généralisée (une angoisse disproportionnée par rapport à des situations ou évènements divers) demandent une préparation et une thérapie plus longue.
Dans ces situations, l’EMDR est toujours aussi utile mais s’intègre au sein d’une psychothérapie plus large, au cours de laquelle le thérapeute utilise tous les outils en sa possession. Dans des situations sévères le recours à l’EMDR ne se fera qu’au bout d’une période qui peut parfois prendre plusieurs années. La phase de préparation sera en effet beaucoup plus longue parce que le thérapeute veillera à stabiliser et à développer les ressources de son patient pour pouvoir travailler de manière efficace et sécure.

Comment expliquer le fonctionnement de l'EMDR ?

Jusque maintenant, aucune explication scientifique univoque n’a encore pu être apportée.

Une des hypothèses est que les mouvements des yeux que nous observons pendant la phase REM du sommeil ont les mêmes fonctions que les mouvements de la stimulation bilatérale. Des expériences vécues la journée sont stockées dans une mémoire temporaire (comparable à la mémoire RAM d’un ordinateur) et sont traitées la nuit pour ensuite être stockées dans la mémoire à plus long terme (le disque dur ce cet ordinateur). Le souvenir temporaire est revécu de manière sensorielle pendant les phases de rêve afin d’être repris dans la mémoire à long terme. Ce traitement de l’information permet de créer des liens entre l’information nouvelle et les réseaux plus anciens, déjà stockés dans le cerveau.

La thérapie EMDR se base sur des processus du même ordre que ceux qui se jouent pendant le sommeil paradoxal et stimule probablement le transfert d’informations entre les différentes parties du cerveau (entre autre rentre l’hippocampe et le cortex). L’EMDR permet par exemple de refaire des liens entre l’information bloquée d’un souvenir traumatique et les données stockées dans la « base de données » de notre cerveau. Des souvenirs traumatiques sont des fragments de mémoire constitués de sensations physiologiques, des impressions sensorielles et des expériences motrices mais aussi des expériences partielles ou dissociées affectives et cognitives. Ces parties de l’expérience sont stockées de façon fragmentée et ne sont pas intégrées comme un vrai souvenir dans l’histoire de la personne.

Notre système nerveux est composé du système nerveux volontaire et du système nerveux autonome. Le système autonome, aussi nommé système neuro-végétatif, est subdivisé en sympathique et parasympathique. Le système sympathique s’active lorsque l’on est en état d’alerte, dans des situations de danger ou de souffrance (réponse de fuite ou de combat); il est comparable à la pédale d’accélération d’une voiture; le système parasympathique va jouer le rôle de la pédale de frein, en ramenant le système au repos et en permettant la récupération. Le traitement de l’information est rendu possible par la stimulation du système parasympathique ( production de rêves pendant le sommeil, état hypnagogique précédant et suivant le sommeil). C’est lors de ces moments de détente que les souvenirs traumatiques risquent de resurgir. Et si ces souvenirs sont trop angoissants, ils vont stimuler le système sympatique, avec comme conséquence immédiate l’émergence d’un état de stress. Lorsque la tension est trop grande, elle provoque le réveil; le système parasympatique de détente est inactivé et l’on retombe dans une sitation physiologique de stress… un vrai cercle vicieux.

L’EMDR induit des mécanismes neurobiologiques qui facilitent l’activation des souvenirs non-traités et favorisent leur traitement.

Les résultats obtenus avec l’EMDR sont stables et durables.

La thérapie EMDR est victime de son succès. A cause de son haut niveau d’efficacité et de sa validation empirique, elle a déjà été plagiée de nombreuses fois. Ces thérapies empruntent d’autres noms, et ne reprennent que certains de ses ingrédients, ou les intègrent dans d’autres approches. Des formations EMDR sont parfois aussi données sans s’inscrire dans nos standards de qualité internationaux. Ces formations ne peuvent garantir une bonne méthodologie de travail et ne sont reconnues ni par les organisations nationales ni par EMDR Europe. Ces thérapeutes ne sont donc pas reconnus comme praticiens EMDR et ne peuvent participer à aucun séminaire d’approfondissement.

Pour qui ?

EMDR – intervenir d’une façon sécure chez des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes âgés.

Pas seulement chez les adultes, mais aussi chez des enfants (très) jeunes, des adolescents et des personnes âgés, nous pouvons observer des plaintes et des symptômes qui sont la suite d’un évènement intense et/ou choquant.

Cliquez sur les éléments suivants pour découvrir comment l’EMDR peut aider pour ces âges différents.

EMDR chez des enfants (très) jeunes et adolescents

Chez des jeunes enfants (à partir d’un an) et des adolescents, nous pouvons également observer des plaintes et symptômes qui sont la suite d’un évènement intense et/ou choquant.

Quand un enfant sain commence soudain à montrer un comportement anormal, cela vaut la peine de se demander ce qui se cache derrière ce comportement anormal. Qu’est-ce qui s’est passé qui peut être lié à ce comportement? Quand nous pouvons imaginer un lien, clair ou moins clair, entre les plaintes de l’enfant et un ou plusieurs évènements intenses ou nuisibles, l’EMDR peut être proposé comme méthode de traitement.

L’EMDR chez des enfants et adolescents demande une approche spécifique. C’est pour cela que le comité Enfants et Adolescents a construit une page spécifique où sont rassemblées toutes les questions pratiques et des informations.

FAQ EMDR chez les enfants et les adolescents.

Toute de suite après l’expérience d’un évènement bouleversant, il est normal d’observer des symptômes. Si ces plaintes initiales ne diminuent pas d’elles-même et/ou si le développement de l’enfant risque d’être retardé, il est important de chercher de l’aide au plus vite.

Il est évidemment important de reconnaître au plus vite les conséquences d’un trauma, pour que l’enfant puisse reprendre son développement normal. Les parents peuvent alors regagner leur énergie positive et reprendre leur rôle d’une façon adéquate.

EMDR Chez des adultes

L’EMDR peut alors vous aider comme adulte, indépendamment du temps entre l’expérience dans le passé et maintenant.

Le principe en EMDR reste en effet le même. Si des souvenirs douloureux de votre vie sont en relation avec vos plaintes, les produisent ou les aggravent, l’EMDR peut être une piste de traitement complémentaire.

Regardez ici pour consulter une liste de tous les thérapeutes reconnus ou allez dans le menu plus haut pour avoir plus d’informations sur l’EMDR.

EMDR Chez des aînés


Est-ce que ça vaut la peine de faire de l’EMDR quand on est plus âgé ?

Absolument! EMDR peut apporter un grand amélioration même si les expériences vécus semblent très loin ou profondément caché. L’âge en tant que tel ne dit rien sur la capacité du cerveau de pouvoir s’auto-guérir.

Le principe d’EMDR reste en effet le même. Si des souvenirs douloureux de votre vie sont en relation avec vos plaintes, les produisent ou les aggravent, EMDR peut être une piste de traitement complémentaire.

Regardez ici pour consulter une liste de tous les thérapeutes reconnus ou allez dans le menu plus haut pour avoir plus d’informations sur l’EMDR.

EXEMPLE DE SEANCE EMDR

Phase 1 : Histoire du patient

Pendant la première séance, Carla et son thérapeute font connaissance; ils abordent la situation globale de Carla et celle-ci, rapidement, aborde les raisons de sa demande de thérapie.

Il y a quelques mois, Carla a eu un accident de voiture; sa voiture a été emboutie par un autre véhicule qui sortait d’une ruelle latérale. Il y eut un bruit énorme. Par miracle Carla n’eut que quelques égratignures mais la conductrice de l’autre voiture, heurtée à la tête, est décédée suite au choc .

Depuis son accident Carla est sans arrêt hantée par des souvenirs effroyables, comme si elle revivait en permanence son accident. Elle a perdu le sommeil, est très irritable et n’ose plus reprendre sa voiture. Elle est en congé de maladie depuis plusieurs mois sans aucune amélioration de son état.

Les plaintes de Carla étant apparues suite à l’accident, le thérapeute a décidé de ne pas rechercher d’autres événements sur la ligne de temps. Il était en effet clair que la vie de Carla s’est dégradée après l’accident tant les souvenirs la hantent au quotidien depuis ce moment.

Phase 2 : Préparation et explication

Le thérapeute explique ce qu’est l’EMDR et comment la thérapie va se dérouler. Il l’informe sur le fait que son cerveau n’a pas pu intégrer l’événement et que ses réseaux de mémoire restent en alerte. L’EMDR va permettre de traiter l’information pour que le cerveau l’intègre parmi les autres souvenirs et n’influencent plus la vie de Carla au quotidien.

Le thérapeute installe chez Carla un signal d’arrêt, qu’elle pourra utiliser lorsque cela devient trop difficile pour elle. Il est en effet indispensable que Carla travaille dans un cadre de travail sécurisant et rassurant.

En fin de séance, le thérapeute développe avec Carla un lieu sûr; Carla pense ainsi à une endroit calme où elle a du plaisir à se promener avec son chien; la séance se termine une fois que Carla a retrouvé son calme et qu’elle repart avec une sensation positive.

Phase 3 : se mettre sur les starting blocs

Carla et le thérapeute vont travailler le souvenir qui a le plus marqué Carla pendant l’accident. Ce n’était pas tellement l’accident en lui-même mais plutôt la remarque faite par un policier : “Vous avez eu de la chance ma petite dame, vous auriez pu y rester’”.

Carla se sent mal à la simple évocation de cette phrase qui provoque en elle une pensée négative très forte : “Je vais mourir”. Lorsque le thérapeute lui demande ce quelle voudrait penser aujourd’hui , vient la phrase “C’est fini, tout est ok maintenant”.

Le thérapeute interroge ensuite Carla sur les émotions qui sont encore présentes aujourd’hui quand elle repense à ce moment, ainsi que sur ses sensations physiques ( gorge très serrée). La tension est importante chez Carla lors de cette évocation, et c’est bien le but recherché. Un peu comme si on se mettait sur les starting blocs.

Le thérapeute examine le souvenir sous ses différents angles : les pensées, les émotions, les sensations physiques. Toujours dans le but de pouvoir ensuite s’en décharger.

Phase 4 - En route ensemble

Lors de cette étape le thérapeute demande à Carla de laisser revenir l’image difficile, avec les pensées négatives qui y sont liées (je suis impuissante) , ainsi que les sensations physiques. Ensuite elle suit avec les yeux les mouvements aller-retour que le thérapeute fait avec les doigts. Carla respire profondément et très vite sa tension nerveuse baisse. Le thérapeute interrompt les mouvements et lui demande de décrire ce qu’elle a remarqué.

Carla : L’image est revenue, peut-être un peu moins forte; ma gorge est un peu moins serrée.

Thérapeute : Notez bien cela, on continue ( mouvements oculaires)

Carla : La tension remonte; je vois le visage du policier tout près de moi

T : OK, continuez avec cela ( mouvements oculaires)

Carla : Je sens moins de tension dans ma gorge; toujours la meme image, mais comme si elle était plus loin.

T : OK, continuez avec cela ( mouvements oculaires)

[…] Les sets de mouvements oculaires s’enchainent et Carla décrit des impressions, des images, des sons […]

T : Et maintenant ?

Carla : Ma gorge est tout à fait détendue, comme avant. Rien d’autre

T : Quand vous revenez à la situation initiale, qu’est ce qui vous vient maintenant ?

Carla : C’est comme si je la voyais de loin. Je sens encore un petit peu de tension, mais c’est beaucoup moins qu’avant. Je vois le policier s’approcher, et je vois le pompier qui désincarcère la conductrice. Cela me fait beaucoup moins d’effet.

[…] Carla décrit des impressions, des sons, des images qui lui passent par la tête […]

T : Quand vous revenez à nouveau à la situation du début, à quel point est-ce difficile maintenant d’y penser ? De 0 à 10, où 10 représente le plus haut niveau de difficulté?

Carla : Zéro, je pense, oui, zéro. C’est dingue, je vois tout dans ma tête mais cela ne me fait plus rien du tout!

Suite à ces séries de mouvements oculaires, l’événement passé est totalement déchargé des émotions. Carla ne donne plus aucune image ou associations, il est temps de passer à la phase suivante.

Phase 5 - Installation

Dans cette phase, le thérapeute demande à Carla de reprendre la situation initiale et de mettre la croyance positive à coté.

T Ok Carla, reprends la situation comme tu t’en souviens maintenant. Est-ce que la croyance « c’est terminé, c’est ok maintenant » te semble correspondre?

Carla: Oui, pour moi cela corresponds encore!

T: Parfait. Alors je voudrais te demander de te reconnecter avec la situation et d’y joindre la croyance positive « c’est terminé maintenant ». Tu y arrive?
Carla: Oui.
T: Lorsque vous pensez à cette situation, dans quel mesure ressentez-vous comme vrais ces mots maintenant sur une échelle de 1 à 7, dont 1 représente ‘complètement incrédible’ et 7 ‘complètement crédible’?
Carla: Je dirais quand-même presqu’un six!
T: Prenez les deux ensemble maintenant et suivez mes doigts.

[mouvements de yeux]

T: Prenez à nouveau cette croyance positives ensemble avec la situation – à combien vous sentez comme vrai cette cognition maintenant?

Carla: C’est comme si c’est plus fort maintenant… un 6,5?

[…] La sensation de Carla semble devenir de plus en plus fort après chaque set de mouvements oculaires […]

T: Tu peux à nouveau reprendre les deux ensemble?  A combien tu le sens maintenant?

Carla: Pas de tension, c’est curieux. J’y crois vraiment. Un 7. Oui. 7.

Phase 6 : le scan corporel

Dans cette phase le thérapeute vérifie s’il reste quand même peut-être de la tension. Ceci se fait par un “body-scan”. Le client est demandé de vérifier son corps partout et de dire s’il y a encore quelque part oui ou non une sensation négative en pensant à la situation originale.

T: Bien travaillé Carla. Ca te vas si nous vérifions encore s’il te reste de la tension dans ton corps quand tu pense à cette situation?
Est-ce que tu peut te reconnecter avec la situation initiale, et observer ton corps du haut en bas pour sentir s’il reste de la tension quelque part?

Carla: OK. Hmmm. Peut-être encore un peu de tension dans mon ventre?
T: Ok, rest avec ça et suit mes doigts.
Carla: OK.

T: Comment c’est maintenant dans ton corps?

Carla: C’est parti. Mon corps est calme.

Penser à la situation initiale est possible en se sentant neutre. Elle peut s’en souvenir sans sentir une tension et est aussi émotionnellement convaincu qu’elle est ok. Il est temps de clôturer la session positivement.

Phase 7 : la clôture

Dans cette phase, Carla et son thérapeute clôturent la séance. Carla raconte comment les choses se sont passées pour elle et qu’est-ce qu’elle a appris pendant la séance. Elle signale qu’elle est fière d’elle-même d’avoir traversé cet evenement douloureux pas à pas. Ils se fixent un nouveau rendez-vous pour la suite.

Phase 8 : la réévaluation

Carla indique dans cette séance que pendant la semaine elle n’a pas beaucoup pensé à l’incident. Emotionnellement, tout semble plus loin et elle retrouve son énergie. Quand le thérapeute demande de se reconnecter avec la situation initiale elle continue à se sentir bien.

A coté de ça, Carla indique que des souvenirs d’avant sont revenus spontanément. Elle voudrait continuer le travail sur ces souvenirs. Ensemble, ils font une liste de choses à travailler et regardent comment et quand  ils vont s’y prendre

Conclusion

C’est un exemple relativement simple qui a été choissi afin de pouvoir illustrer le décours d’une therapie EMDR. Mais ce n’est pas toujours si facile de pouvoir trouver les souvenirs justes. Dans certains situations, il ne semble même pas possible de trouver des souvenirs douloureux du passé, sans que cela dit quelque chose sur la souffrance ressentie. Dans ce cas, c’est le thérapeute EMDR qui va adapter la procédure EMDR pour s’accorder à la situation.

Rita, victime d’une agression au volant et d’un cambriolage à la maison.

« Après avoir subi une agression dans ma voiture avec le vol de mon sac à la clé, puis un mois plus tard avoir vécu un cambriolage à mon domicile, je n’en menais pas large : je montrais des signes de traumatisation et ne me sentais en sécurité nulle part. Ayant entendu parler de la technique EMDR par des amis, je me suis adressée à un thérapeute EMDR.

Après quelques séances d’EMDR, j’ai pu m’apaiser, retrouver une vie  ‘normale’ , tout en conservant une vigilance appropriée à la vie actuelle en ville .

Dix-huit mois plus tard, les évènements de ma vie m’ont amenée à questionner en profondeur mes comportements dans les relations amoureuses. J’ai pris conscience avec beaucoup d’effroi que j’avais constitué un « mur » pour me protéger et que cela m’empêchait littéralement d’entrer dans une relation authentique avec un homme qui me plaisait. Je me suis alors adressée à nouveau à mon thérapeute et nous avons assez rapidement mis en lumière l’origine ancienne et complexe de ce comportement. » En langage EMDR, il s’agit d’un traumatisme « complexe » ou « multiple », lié à une enfance pour le moins chahutée. « Ici encore, la technique a permis de défaire progressivement l’écheveau des souvenirs douloureux et de progressivement m’amener à une autre perception de la réalité de ma vie d’aujourd’hui, ouvrant dès lors beaucoup d’autres « possibles »….Il s’agit donc d’un changement plein d’espoir et de libération. »

La qualité de la relation qui s’était établie avec mon thérapeute était hyper importante. Je me sentais en totale sécurité avec lui, cela m’a permis de me confier et de raconter des choses que j’avais toujours gardées enfouies en moi.

R.R.

Nadia avait peur d’accoucher.

« Suite à des problèmes sexuels, je décide en décembre 2013 de consulter une thérapeute sexologue. Au cours des séances, ma thérapeute se rend compte que mon problème de sexualité est lié à une angoisse, liée à un gros stress vécu lors de mon accouchement. Quand j’étais ado, j’ai vu une vidéo à l’école sur l’accouchement et le choc fut tel pour moi que je suis tombée dans les pommes. Dès lors, la moindre émission qui montrait des images d’accouchement ou lé récit des accouchements de mes amies provoquait en moi les mêmes symptômes: une peur intense et parfois un évanouissement.

Je rêvais d’avoir des enfants, plusieurs même, mais l’étape de l’accouchement me paraissait insurmontable. Ma thérapeute me propose alors un traitement dont je n’avais jamais entendu parler : l’EMDR. Sceptique, je me dis pourquoi pas ? Elle prend le temps pendant plusieurs consultations de me préparer, et de m’expliquer la méthode. Le jour où « la » séance a eu lieu, c’était comme magique ! Jamais je n’aurais pu croire que l’EMDR pouvait être aussi efficace. Ma thérapeute m’avait très bien préparée psychologiquement, je me suis impliquée à 100%, pour un résultat vraiment surprenant. Au début de la séance elle m’a posé quelques questions afin de bien cibler l’événement difficile. Puis ma thérapeute s’est assise devant moi et m’a demandé de fermer les yeux. Elle a commencé à faire des tapotements alternatifs sur mes genoux. En même temps elle m’a demandé de repenser au problème. Petit à petit j’ai revu la scène, ce qui m’a d’abord effrayé mais l’angoisse a vite diminué. Comme on avait bien préparé la séance au préalable, je lui ai fait confiance. Je savais que ça serait pénible, mais j’ai osé suivre ce que ma thérapeute me proposait . Je ne savais pas vraiment où elle voulait m’emmener, ni à quoi m’attendre. Chaque fois que cela devenait trop lourd, j’ouvrais les yeux, on en parlait et ça m’apaisait, puis seulement on continuait.

Finalement aujourd’hui grâce à l’EMDR j’ai l’impression d’avoir déjà vécu un accouchement, et me sens prête à le vivre en vrai! Le traitement n’est pas facile, douloureux même je dirais, mais à refaire, ce serait sans hésiter car la peur ne fait aujourd’hui plus partie de ma vie ! »

Nadia

Jenn était retombée en dépression.

« Je ne connaissais pas du tout l’EMDR. C’est mon médecin qui me l’a conseillé. Je vivais avec une dépression chronique déclenchée par de douloureux évènements de vie. Je piquais des colères pour des broutilles, j’avais la haine et la rage contre le monde entier. Par moment j’avais aussi des phobies. Je me sentais perdue dans mes émotions, je les compare à une chaîne avec plein de nœuds, je n’arrivais pas me défaire de cette torture que je m’infligeais inconsciemment. Et quand je me suis mariée, d’autres peurs sont apparues.

Dès le premier contact avec ma thérapeute le courant est bien passé. Je me sentais comprise. Grâce à l’EMDR, j’ai pu identifier plusieurs évènements importants de ma vie.

Lorsque j’avais 1 an et demi nous avons eu un grave accident de voiture alors que nous rentrions pour l’été dans notre pays d’origine. Ma mère est décédée dans cet accident. Et dans tout mon corps s’est inscrite l’idée que ma mère m’avait abandonnée. Ce sentiment d’abandon m’a empoisonné la vie, je n’arrivais pas à me faire confiance et encore moins aux autres (par exemple :dès qu’on ne me répondait pas au téléphone c’était un drame pour moi j’imaginais le pire des scénarii et j’en passe….). Difficile de se construire sur ces bases. A ce jour, dans ma famille ce sujet demeure toujours tabou !

L’EMDR m’a permis de remonter jusqu’à cette période et de comprendre que même si ma mère était morte, elle ne m’avait pas abandonnée. Comme si tout d’un coup mon cerveau avait intégré le fait que ma mère est morte et n’avait pas eu le choix de partir. Mon sentiment d’abandon a aujourd’hui complètement disparu.

Après chaque séance j’étais épuisée, je tombais k.o. dans mon lit, et je revivais cette partie-là de ma vie par flashes. Quand j’ai réglé cette situation, un autre évènement a ressurgi et ainsi de suite! Dans ma petite enfance j’ai subi plusieurs traumatismes dont un abus, que je n’avais jamais osé aborder. L’EMDR fut pour moi la solution pour guérir de ces traumatismes, et recevoir l’aide que personne de ma famille n’avait jamais réussi à m’apporter.

Grâce à l’EMDR, j’ai pu travailler plusieurs évènements de ma vie, pour remettre de l’ordre dans mes pensées , et surtout tordre le cou à mes fausses croyances qui ressurgissaient comme de vieux démons et détruisaient tout ce que je construisais.

Mon histoire est évidemment bien plus complexe.

J’espère que chaque personne qui me lira pourra un jour rencontrer un thérapeute EMDR en cas de besoin, et trouver grâce à lui des réponses inattendues.”

Jenn

La libido d’Aline avait disparu, il y trois ans.

« Il y a 18 mois, mon mari et moi avons consulté une thérapeute sexologue spécialisée dans les problèmes de couples. J’avais une libido à zéro depuis la naissance de notre dernier enfant, 3 ans plus tôt.
Il a vite été évident que je cumulais les problèmes du passé. Une enfance compliquée avec un père très dominateur, une mère trop effacée, et des échecs professionnels ont mis à mal ma confiance en moi.
Au bout de plusieurs séances, ma thérapeute m’a proposé des séances d’ EMDR.

Nous avons commencé par parler du problème le plus ancien. Il s’agissait de prendre une situation exemplaire du passé en lien avec ce problème. Nous avons fait deux séances là-dessus, puis avons attaqué une deuxième situation.
Etonnamment, il n’a pas fallu aller plus loin. Nous avions tapé directement dans le mille !  Après ça, j’ai repris ma vie professionnelle en main, ma vie de couple va on ne peut mieux. Tout ceci remonte à plusieurs mois mais les effets de la thérapie perdurent. Ces dernières années j’essayais de me remettre au sport, mais sans succès. Manque d’envie et de motivation. Depuis quelques semaines j’ai trouvé l’activité physique qui me convient, j’adore et je ne m’en lasse pas ! »

Aline 

Livres

Des yeux pour guérir : EMDR : la thérapie pour surmonter l’angoisse, le stress et les traumatismes

Francine Shapiro et Margot Silk Forest, 2005

Tout le monde connaît désormais la thérapie introduite en France par David Servan-Schreiber dans son livre ‘Guérir’. Cette nouvelle thérapie appelée EMDR (Eye Movement Desensitization & Reprocessing) consiste pour l’essentiel à faire revivre au patient victime d’un évènement traumatique la scène terrible qui est à l’origine de sa souffrance, en lui faisant faire des mouvements oculaires provoquant une diminution progressive du stress. Les résultats sont incontestables, mais la raison des progrès enregistrés reste énigmatique. Peut-être s’agit-il d’une reconstruction de la mémoire profonde du même ordre que celle qui se produit dans le sommeil paradoxal (où le dormeur connaît des mouvements oculaires analogues). Cette thérapie a été fondée par Francine Shapiro, du célèbre institut de Palo Alto. Ce livre fondateur raconte l’origine de sa découverte, donne des interprétations scientifiques possibles et surtout décrit de nombreux cas exemplaires où cette thérapie s’est révélée efficace. Il est de ce fait très poignant. On y rencontre une femme ayant perdu son fils de huit ans dans un accident de train et accablée par l’image terrifiante du corps disloqué de l’enfant, des anciens combattants du Vietnam hantés par les images terribles de la guerre, des victimes de viol… Et surtout on y voit comment ces personnes, emprisonnées dans leur souffrance, ont pu s’en affranchir et retrouver un équilibre psychologique.

Découvrir l’EMDR

Jacques Roques, 2012

L’EMDR est une découverte majeure en psychothérapie, dont l’efficacité est scientifiquement prouvée. Il s’agit d’un mécanisme naturel de guérison des traumatismes, ces blessures invisibles qui, non seulement font souffrir, mais entraînent toutes sortes d’effets négatifs psychologiques (cauchemars, anxiété, dépression…), comportementaux (troubles du sommeil, addictions…) et corporels (maladies de peau, problèmes digestifs…). Qu’appelle-t-on un traumatisme psychique ? Pourquoi et comment cette méthode guérit-elle ?

Autres Livres intéressants

COTTRAUX & all. « TCC et neurosciences », Collection Médecine et Psychothérapie, Masson, 2009

ROQUES Jacques, « Découvrir l’EMDR », InterEditions, Paris, 2008

ROQUES Jacques, « EMDR, une révolution thérapeutique » La Méridienne – Desclée de Brouwer, Paris, 2004

ROQUES Jacques, « Guérir avec l’EMDR », Collection Couleur Psy, Seuil, Paris, janvier 2007

SERVAN-SCHREIBER David, « Guérir », Collection Réponses, Robert Laffont, Paris, 2003 EMDR et therapie familiale

SHAPIRO Francine, KASLOW Florence, MAXFIELD Louise, « EMDR et thérapies familiales », Manuel pratique, sous la direction de Francine Shapiro, Florence W. Kaslow et Louise Maxfield, traduction de Jenny Ann Rydberg, InterEditions, Dunod, Paris, 2013, 480 pages – 155 x 240 mm – EAN13 : 9782729611163

SHAPIRO Francine, « Manuel d’EMDR », InterEditions, Paris, mai 2007 SHAPIRO Francine, SILK FORREST Margot, « Des yeux pour guerir, EMDR : la thérapie pour surmonter l’angoisse, le stress et les traumatismes », Collection Couleur Psy, Seuil, Paris, avril 2005

TARQUINIO Cyril, BERGHMANS Claude, « Comprendre et pratiquer les nouvelles psychothérapies », Dunod / Interédition, 2009

TARQUINIO Cyril, TARQUINIO Pascale, « L’EMDR: préserver la santé et prendre en charge la maladie » Principes généraux, vignettes cliniques et protocoles de traitement. Editions Elsevier Masson Mars 2015.

Pour les enfants : MEIGNANT-ORDOUX Isabelle, « L’expérience merveilleuse de Réconciliation de Bouba le chien marron qu’on appelait Grognon », Editions Meignant, mai 2007.

FAQ – L’EMDR CHEZ LES ENFANTS & LES ADOLESCENTS

Chez les jeunes enfants et les adolescents, nous pouvons observer comme chez les adultes, des plaintes ou symptômes, conséquences d’événements traumatisants. Lorsqu’un comportement étrange émerge soudain, il est utile de chercher ce qui se cache derrière cette attitude. Qu’est-il arrivé à l’enfant pour que ce comportement apparaisse ? L’EMDR peut être utilisé comme méthode de traitement lorsque nous pouvons établir l’association entre les difficultés ou plaintes de l’enfant et un ou des événements traumatisants.

Par quoi un enfant ou un adolescent peut-il être traumatisé ?

Un enfant/adolescent peut être traumatisé d’au moins 4 façons :

1. L’enfant/l’adolescent est lui-même victime de l’évènement traumatisant.

  • Soit un évènement unique : incendie, vol, accident de voiture, intervention médicale, se perdre dans un parc d’attractions, s’étouffer en mangeant, morsure de chien, agression sexuelle, viol …
  • Soit des évènements traumatiques multiples : harcèlement, traitements médicaux successifs, abandon, placements multiples, violence conjugale, violence physique, abus sexuel, négligence physique ou émotionnelle …

2. L’enfant/l’adolescent est le témoin d’un évènement traumatique..

  • Cela peut se produire de manière unique ; par exemple, être témoin d’un accident de voiture, d’un incendie de la maison des voisins, de violence ou de la morsure d’un chien dans la rue,…
  • Les évènements traumatiques peuvent aussi être multiples : violence verbale ou physique entre parents, divorce, maladie grave d’un parent,…

3. L’enfant/l’adolescent a entendu ou vu des images d’évènements traumatiques.
Par exemple : images de guerre ou de catastrophe à la télévision, discussions à l’école avec d’autres jeunes sur les attentats, un film d’horreur, des histoires dramatisées…

4. L’enfant/l’adolescent imagine des catastrophes et des choses effrayantes sur base de faits (entendus, perçus ou interprétés) qui vont alimenter ses angoisses.
Par exemple : Des parents qui périssent dans un accident de voiture, un attentat, un voleur ou un monstre qui se cache dans la maison, un kidnapping réalisé par un alien, une attaque par un chien, un black out total, un échec scolaire,…

QUELS SONT LES SIGNES OU SYMPTÔMES QUE L’ENFANT PEUT PRÉSENTER APRÈS UN ÉVÉNEMENT TRAUMATISANT ?

Tout comme les adultes, les enfants ayant été confrontés à des évènements traumatisants souffrent de symptômes intrusifs, tels que des cauchemars, des flash-back , des reviviscences, qui peuvent déclencher des réactions violentes. Chez les jeunes enfants, ces symptômes se manifestent généralement à travers le jeu et le lien avec l’évènement n’est pas toujours évident.
Un autre signe consiste en une attitude d’évitement : évitement de certaines personnes/ endroits/ conversations en lien avec l’évènement.

On constate aussi des changements inexpliqués d’humeur, de pensées ou d’émotions, une diminution d’intérêt pour les activités et un retrait social (rêveries…). Généralement, l’enfant exprime moins d’émotions positives et  semble constamment en état d’alerte : il est plus souvent en colère, hypervigilant, a des réactions de peur, développe des phobies, des comportements compulsifs, a des problèmes de concentration et/ou des troubles du sommeil…

Outre ces différents symptômes, il arrive aussi que l’enfant régresse à un stade de développement plus précoce. Il peut alors reprendre des comportements qu’il avait dépassés: problèmes d’endormissement, peurs et phobies, pleurs fréquents, pipi au lit, comportement fusionnel avec un des parents.
Parfois le lien entre le comportement et l’évènement est évident mais à d’autres moments, il l’est beaucoup moins et nécessite une recherche minutieuse.

A PARTIR DE QUEL ÂGE PEUT-ON UTILISER L’ EMDR CHEZ L’ENFANT ?

L’EMDR peut être utilisé dès l’âge de 12 à 18 mois. Dans le traitement des jeunes enfants les parents/soignants jouent un rôle très important. Ils sont toujours présents en séance et nous travaillons avec l’enfant selon une procédure personnalisée qui s’appuie sur l’histoire amenée par les parents.

QUEL EST LE RÔLE DES PARENTS DANS LE TRAITEMENT EMDR DE LEUR ENFANT ?

Plus l’enfant est jeune, plus les parents sont impliqués dans le traitement EMDR. Habituellement, ils connaissent l’histoire du traumatisme et l’enfant se sent en confiance avec eux. Chez les enfants plus âgés, l’implication des parents à travers les informations qu’ils rapportent, est précieuse pour suivre l’évolution des plaintes de l’enfant.

Avant de démarrer le traitement avec un enfant plus âgé, le travail sera expliqué aux parents. L’enfant fait partie intégrante de son milieu familial. Il absorbe tout ce qui y est exprimé ou non dit. Et parfois un traitement EMDR avec le parent suffit pour que les plaintes de l’enfant disparaissent.

CELA A-T-IL DU SENS DE TRAVAILLER AVEC l'EMDR SUR DES EVENEMENTS QUI ONT EU LIEU AVANT L'AGE DE 3/4 ANS ?

L’EMDR est une option valable s’il existe un lien entre les symptômes actuels de l’enfant/adolescent/adulte et des événements significatifs qui se sont produits dans les premières années de la vie. On a longtemps pensé que les faits ayant lieu avant 3 ou 4 ans ne s’inscrivaient pas dans la mémoire car les personnes ne s’en souvenaient pas de manière consciente. Toutefois, ces dernières décennies, la recherche a démontré que les événements sont bien enregistrés dans les zones du cerveau déjà développées au moment du traumatisme, en particulier dans le cerveau émotionnel et le cerveau reptilien, et peuvent causer des effets durables. Par exemple, des événements choquants que le fœtus a connu pendant la grossesse ( comme un haut taux de stress chez la maman, un accouchement long et compliqué, une césarienne en urgence) peuvent donner lieu à certains symptômes. Une procédure adaptée est alors appliquée pour ces traumatismes précoces.

PEUT-ON UTILISER L’EMDR POUR LES TROUBLES DU DÉVELOPPEMENT OU D’APPRENTISSAGE ?

Oui et non. Les enfants présentant des troubles du développement et/ou d’apprentissage (autisme, TDAH, TDA,…) souffrent fréquemment d’incompréhension, de rejet, d’intimidation ou encore de harcèlement… L’EMDR peut aider à neutraliser ces conséquences néfastes mais ne va pas agir sur le trouble du développement en tant que tel.

Et l'efficacité de l'EMDR EN CAS D’ADOPTION ?

Avant l’adoption, l’enfant a toujours vécu plusieurs moments de séparation et des expériences de perte. Ces traumatismes préverbaux auront un impact sur le lien d’attachement de l’enfant à ses nouveaux parents et sur le sentiment de confiance vis-à-vis d’eux, du monde en général et de lui-même. L’EMDR est indiqué, quel que soit l’âge de l’enfant au moment de son adoption.

COMMENT FONCTIONNE L’EMDR CHEZ LES ENFANTS/ADOLESCENTS ?

Le traitement en EMDR avec les enfants et adolescents est en général plus rapide qu’avec les adultes, problablement parce que leur réseau mnésique est moins développé mais aussi parce que leurs symptômes sont souvent moins rigidifiés.

Il est souvent difficile pour les jeunes enfants de suivre des yeux les mouvements des doigts du thérapeute. D‘autres stimulations leur sont alors proposées (auditives, ou tactiles). Pendant le traitement, nous observons plus souvent des réactions physiques et moins de réactions émotionnelles.

COMBIEN DE TEMPS DURE UN TRAITEMENT EMDR CHEZ L’ENFANT ?

Il va sans dire que le traitement d’un traumatisme unique nécessite généralement moins de temps que le traitement de différents traumatismes. Le traitement d’un traumatisme unique peut varier de 1 à 2 séances à 5/6 séances. Si aucune amélioration ne se produit, d’autres facteurs doivent être pris en considération. Le nombre de séances pour un traumatisme répété est fortement dépendant de la complexité de la problématique et l’EMDR est alors utilisé au sein d’une thérapie plus globale .

L’EMDR PEUT-IL ÊTRE APPLIQUÉ À UN ENFANT QUI EST TOUJOURS DANS UNE SITUATION DE DANGER ?

Dans un premier temps, il est important d’assurer la sécurité de l’enfant. Par la suite, il sera possible de travailler en l’EMDR, en présence d’un parent ou d’un référent, selon la situation de l’enfant et son âge.

COMBIEN DE TEMPS APRÈS UN ÉVÉNEMENT TRAUMATISANT DOIT / PEUT- ON DÉMARRER UN TRAITEMENT EN EMDR ?

L’apparition des symptômes décrits ci-dessus immédiatement après un événement traumatisant est tout à fait normale.
Cependant, si malgré le soutien des parents et de l’environnement, ces symptômes persistent au cours des semaines suivantes, si les plaintes initiales ne se réduisent pas ou lorsque le développement de l’enfant est susceptible de se bloquer, il est important de demander de l’aide dès que possible.

Il est important de reconnaître et de prendre en charge les effets du traumatisme dès que possible afin de permettre à l’enfant de reprendre rapidement un cours normal de développement. Cela permettra aussi aux parents de retrouver une énergie positive et de jouer leur rôle parental de manière adéquate.

QUI PEUT TRAVAILLER EN EMDR AVEC VOTRE ENFANT ?

L’EMDR chez l’enfant est plus complexe qu’il n’y paraît. Par conséquent, il est important de consulter un thérapeute en EMDR reconnu par EMDR-Europe qui a été spécifiquement formé pour travailler avec les enfants et adolescents.

Vous pouvez trouver une liste des praticiens EMDR enfants et adolescents et des candidats praticiens EMDR enfants et adolescents sur notre site Web.

Des brochures destinées aux clients existent dans différentes langues et pour différents groupes cibles : www.emdrkindenjeugd.nl.